Au cœur des Côtes de Bourg

L’appellation du bordelais est en plein expansion : diffusion internationale, oenotourisme et l’augmentation du cépage Malbec ouvrent de nouveaux horizons à ce vin chaleureux qui persiste dans l’ombre des grands vins de Bordeaux.

Chäteau Haut Castenet 2

Harmonieux, épicé, fruité, toujours puissant, souvent gras, charnu, rond voire légèrement amère ou poivré, tous les Côtes de Bourg offrent de jolis tanneurs. Malgré leur homogénéité leur saveurs varient par rapport au millésime et à l’assemblage de quatre cépages. Il y a du cœur dans le vin de ce riant pays de la Gironde, également appelée la « Petite Suisse Girondine ». Les châteaux et les domaines de 450 producteurs se lovent dans les vallons, entre coteaux et bosquets, parsemés de 15 communes. Ce sont souvent de petits villages ou de hameaux. Plein de caractère, le vin rouge de l’appellation « Côtes de Bourg » ressemble à ses viticulteurs, timides, mais chaleureux, profond, mais jamais prétentieux. En effet, les premières grandes crues classées et les châteaux les plus prestigieux se trouvent en face sur l’autre rive de l’Estuaire, en Médoc et en Haute-Médoc, ou plus vers l’est, à Saint-Emilion.

Dans le pays des Côtes de Bourg, au bord de la Dordogne, la quiétude et la taille moyenne des vignobles rendent cette appellation sympathique. « A tort ou à raison, sur le plan international nous avons une réputation d’un Bordeaux médium », estime Didier Gontier, directeur du très actif syndicat viticole des Côtes de Bourg qui regroupe dans sa cave 150 références. 85 % de cette appellation est consommé en France. La Belgique, la Grande Bretagne, le Japon et la Chine sont les principaux importateurs. L’an dernier, la participation aux salons de Shanghai, de Hongkong et de Hambourg ont rapporté plus de visibilité sur le marché international. « La commercialisation est la tâche la plus difficile », soupire toutefois Michel Audouin au Château Haut Castenet, un charmant Manoir entouré d’arbres fruitier, d’un potager et de 12 ha de Cabernet Sauvignon, de Merlot, de Cabernet Franc et de Malbec. Dans sa jeunesse, ce quinquagénaire discret ne pensait pas de reprendre un jour le château qui appartient à sa famille depuis des générations. C’est à la mort de sa mère qu’il décide de soutenir son père et de se convertir entièrement en viticulteur. Aujourd’hui, il tient le château avec deux employés. Son vin, c’est sa la racine de sa vie. Floral et fruité comme les petits baies de printemps (2004). Souple et facile à boire au quotidien (2006) ou gras et charnu pour des moments exceptionnels (2005).

Son sol rougeâtre, très spécifique sur les hauteurs de la région, est propice au Merlot et au Malbec. Les vignes des Côtes de Bourg poussent sur trois différents sols (limons quaternaires, graves sablo-argileuses, argilo-calcaires). Comme beaucoup de ses confrères, Michel Audouin augmente actuellement les cultures de Malbec. Ce cépage rassé atteint plus de 10 % des 4000 hectares totales des vignes en Côtes de Bourg. La majorité de ses viticulteurs entretiennent une parcelle de Malbec qui apporte au vin plus de spécificité en le rendant plus charnu, plus rond, plus épicé, plus riche en tannins. Mais ce cépage à grandes feuilles, prépondérant à Cahors ou en Argentine, ne s’adaptent que difficilement au clima atlantique. « Ce cépage ancestrale est sensible à tout, indomptable et capricieux. Le contraire du Merlot qui s’adapte à tous les climats », commente l’œnologue Hervé Romat. En plus, il est indispensable de récolter le Malbec en pleine maturation. Malgré ou à cause de ses difficultés passionnantes, les viticulteurs des Côtes de Bourg sont fiers de leur Grand Vin de Bordeaux avec la plus haute teneur de ce cépage capricieux, mais tonique. C’est une question de goût. Les assemblages Côtes de Bourg sans Malbec – comme l’excellent Château Fougas 2008 ou les vins du Château Les Graves de Viaud – sont plus harmonieux, plus velouté, moins poivré et ne laisse jamais cette légère amertume en fin de bouche, si typique au Malbec.

A ne pas manquer :

Château Fougas 2008, Cuvée Maldoror

75% Merlot, 25 % Cabernet Sauvignon

Epicé, harmonieux, fruits noirs, poivré en fin de bouche

A déguster au déjeuner ou pendant des soirées devant la cheminée

Château Mercier 2009, St. Trojan

(Culture raisonnable, agriculture durable)

Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc

Velouté, rond, fruité

Excellent aux dîners en plein air

Château Haut Castenet 2005

Millésime caractérisé par un ensoleillement exceptionnel

55 % Merlot, 35 % Cabernet Sauvignon, 12 % Malbec

Puissant, frais, légèrement boisé, vif, gras et charnu

A déguster en tête à tête

Château Les Graves de Viaud

Grande Cuvée 2008

80 % Merlot, 15% Cabernet Sauvignon, 5 % Cabernet Franc

Très structuré, long en bouche, belle matière tannique,

Parfait pour le dîner aux chandelles

Et à Bourg:

La visite de Bourg, pittoresque village de 2500 habitants, presque entièrement construit dans la pierre blonde amène sur les trance de Louis XIV. Petit garçon de 12 ans, le futur roi soleil se cacha à Bourg avec sa mère pendant la Fronde.

Un soutterrain calavalier du musée Au temps des Calèches descend au bord de cuves de pétrole, installées par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils les ont fait explosé lors de leur départ, mais l’odeur du diesel flotte toujours au sous-sôl du musée.

Une escapade sur la Dordogne et dans l’Estuaire de la Gironde offre à bord de La Ginette une superbe vue sur Bourg, Blaye, les Côtes de Bourg et les îles mystérieuses entre la Gironde et la Dordogne.

Publié dans COMMERCE INTERNATIONAL, Paris, Edition Juillet 2011

Nager sur les toits du monde

Sauter, plonger ou nager, tout en observant Hollywood ou même les gratte-ciels de Manhattan, n’est plus qu’une affaire de peoples.3.14 Hotel Piscine_4

C’est le must des insatiables aux quatre coins du monde : Après Rio de Janeiro et Barcelone, les hôtels design, récemment ouvert à New York, Los Angeles ou Singapour suivent l’exemple en installant des piscines sur le toit. Gadget pour les uns, comble du luxe pour les autres, quoi qu’il en soit, lorsqu’on nage tranquillement tout en savourant le panorama, on prend un plaisir indéniable. Ces escapades aux sommets d’hôtels émerveillent particulièrement les célébrités et le monde de la mode. Sur le toit de l’hôtel Empire de New York, la chanteuse Beyoncé à loué une de ces cabanes qui entourent la piscine. Une vingtaine de ses amis y ont siroté leurs drinks, entouré des tours de Manhattan. En même temps que la fashionweek new yorkaise a déménagé, en 2008, dans ce quartier du Lincoln Center, le plus ancien hôtel de Manhattan s’est mué en haut-lieu d’after-party. En effet, ses lettres lumineuses en néon fut un symbole new yorkaises pendant plus de 100 ans. Maintenant, la piscine se niche juste à leur côté. Le vieux charme est toutefois brisé.

Edifié en 1890 et reconstruit en 1923, l’immeuble de douze étages a toujours servi d’hôtel. Face à Central Park, entre Broadway et Columbus Avenue, il a même hébergé des résidants permanents qui y habitent toujours. Car la transformation d’anciens hôtels délabrés en appartements privés bouleverse la population new yorkaises. Le Chetrit Group, propriétaire de l’Empire Hotel, n’a pas pu commencer les travaux de rénovation à la hauteur de 50 millions de dollars sans promesse significative : obligé de reloger les anciens locataires, le groupe à permis à six parmi eux de déménager dans une des nouvelles chambres de l’hôtel, transformées dans un style glamour-couture. A croire le vice-président du groupe, Jeffrey Gdanski, ces anciens locataires ne paieraient pas de loyer et pourraient y rester jusqu’à la fin de leur vie ! Cette vieille institution avec sa piscine flambant neuf sur le toit vaut donc le détour. Cependant, l’intérieur actuel de l’hôtel frôle le kitsch. Son décor en velours caramel est parsemé de tissus imprimé de peaux de léopards ou de zèbres. Des sculptures contemporaines assurent la touche arty. Les chambres baignent dans les teintes de la terre du Central Park, mais reflète le modernisme du Lincoln Center. Des lignes géométriques et la fraicheur blanche ont balayé le romantisme d’antan. N’empêche, ce qui compte se passe sur le toit. De mai à septembre, vous pouvez y oser le plongeon, recevoir ou travailler, sur une chaise longue, si cela vous tente.

Plus exubérante encore se présente le Mondrian Hotel à Hollywood. Sur la colline ouest de la cité cinématographique, on y entre par des portes en acajou, hautes de neuf mètres, avant de pénétrer le lobby, baigné dans la lumière. Des blancs crémeux et des jaunes stimulent l’œil. Ensuite le jour s’éclipse afin de céder la place à la l’imagination débordante de Benjamin Noriega-Ortiz, un des designers en vogue de Los Angeles. Au Mondrian, les dimensions sont américaines: une simple chambre standard mesure 30m2. Les larges baies-vitrées, cerné de noir, offre la vue sur les villas des collines d’Hollywood. Le téléviseur devient superflu et se cache dans un voluptueux miroir magique. On marche sur un plancher en bambou durable, mais on dort dans des draps en coton égyptien. Sur la terrasse en teck du toit se dresse un paysage de piscine, décoré de matelas en bleu ciel, de plantes et de fleurs. On nage à la brasse sans perdre une miette de l’époustouflant panorama hollywoodien. Sous l’eau, une musique douce apaise l’esprit. La nuit, des centaines de lanternes enflamme l’ambiance sur les chaises longues, très épurées. On s’assoit dans de cosy fauteuils en blanc. On pose son verre sur de petits meubles en teck, le tout sous une marquise en blanc comme on les trouve devant les boutiques de luxe du Rodeo Drive à Beverly Hills. Ce skybar autour de la piscine est réservé aux personnes inscrites sur la liste des invités. Ce qui est automatiquement le cas des clients de l’hôtel. Pour les dames, le talon d’aiguille s’impose. Le soir, un smoking en blanc ferait l’affaire des messieurs.

Il n’est pas facile de dénicher un hôtel dernier cri à Buenos Aires. Ce n’est donc pas étonnant que des grandes marques de mode comme Chanel, Hermès ou DKNY ont choisi le nouveau Algodon Mansion pour des déjeuners de prestige dès l’ouverture de ce boutique-hôtel qui propose 10 suites et une piscine sur le toit. En plus, ce bijou se situe au cœur de Buenos Aires, proche du quartier luxueux et diplomatique Recoleta, connu pour ses larges avenues, ses cafés, ses restaurants. Avec sa façade d’architecture classique française, décoré de moulures et d’ouvrages en stuc, cette ancienne propriété d’une famille néerlandaise date de 1912. L’esprit « Belle Epoque » est maintenu avec des lustres, des vieilles cheminées et des bibliothèques comme on les trouve dans les appartements parisiens. La plupart des suites de l’Algodon Mansion sont équipées d’un piano. Mesurant entre 54 et 117 m2, l’espace se prête vite à la danse du tango dans un cadre classique en crème, meublé d’art déco en bois précieux ou équipé d’un design minimaliste. On peut se faire servir un poulet bio rôti dans la suite et choisir le vin dans son propre bar à vin. Mais c’est plutôt cher. Comme au restaurant « chez nous » de l’hôtel, ouvert sur un patio : la pêche du jour est proposée à 63 Dollars, comptez la même somme pour le poulet bio ou le filet de bœuf Angus au jus de viande à la vanille. La piscine sur le toit est très moderne, sans romantisme apparente, mais ce toit héberge également le spa avec des bains chauds, un sauna et des soins de Vinothérapie. Bref, à Buenos Aires, l’Algodon Mansion est le must du moment.

Champagne et paillettes sont également de mise à la Côte d’Azur française, à 50 m exactement de la célèbre Croisette de Cannes où le monde du cinéma se réunit tous les ans, au mois de mai, pour conquérir la Palme d’Or. Sur le toit de l’hôtel 3.14, la piscine de 12 m offre évidemment la vue sur la Méditerranée, la Croisette et le grand voisin, l’hôtel Carlton. On ne se lasse pas de cette vue qui frôle le voyeurisme. Car en plein air du haut du toit du 3.14, on peut également se blottir dans le jacuzzi, boire un verre ou déjeuner. Ce petit hôtel de cinq étages est le fruit des multiples voyages de la propriétaire Karine Ellena Partouche et de sa sœur Alexandra Ellena, architecte d’intérieur. Les deux filles d’un pilote de ligne ont parcouru le monde pendant leur enfance. Pour cette raison, les cinq étages du 3.14 sont dédiés à un autre continent. L’Amérique se veut en cocon velouté où domine le fer forgé. L’Afrique propose un lit à baldaquin ou de l’inspiration maghrébine. Les contrastes sont frappants. Il faut donc bien choisir : l’Océanie, très épurée, en rotin et en bois, apaise. A l’étage « Europe », par contre, on se croirait dans un cabaret : le boudoir en rouge sanguin se cache derrière les draperies en velours. Un oiseau artificiel s’ennuie dans sa cage. Pluriethnique et multiculturel, les espaces sont aménagés selon le Feng Shui afin de favoriser la bonne circulation de l’énergie. L’épouse de Patrick Partouche, dirigent du groupe de loisir français éponyme, s’est visiblement épanouie en créant son propre hôtel. Rien que le site internet est tellement ludique et troublant qu’on perd sa tête en un clique.

A Barcelone, les piscines sur les toits ne sont pas une nouveauté, mais la natation devient franchement l’aventure au B-Hotel. Une vue étourdissante sur Barcelone s’y offre tout en nageant dans un bassin qui serpente la terrasse de l’hôtel comme un étroit canal. Il est bien curieux de voir sortir les voitures du tunnel de la voie rapide en bas à la Place Espanya qui ne se repose jamais. Des sensations fortes sont au rendez-vous: la peur ou la puissance s’empare du nageur. C’est une sensation forte qui fait peur ou qui donne le sentiment d’être puissant.  Cet hôtel à la façade en damier est dépourvu de charme, plébiscitant un design rectangulaire, colossale, en gris-blanc-beige. Technologie, design et lumière dominent les espaces. Le bois du parquet tente réchauffer l’atmosphère. En vain. C’est le pur contraire de la surcharge des immeubles Art nouveau de Barcelone. C’est le Barcelone du début du troisième millénaire qu’on aime ou qu’on déteste. Optez pour une chambre B-Corner, situé aux angles de l’immeuble. Elle diffuse une ambiance loft avec des colonnes aussi penchées que la tour de Pise. Les insatiables trouverons d’ailleurs d’autres adresses tout aussi insolites sur le site http://www.hoosta.com.

Publié dans COMMERCE INTERNATIONAL, Paris, Edition avril 2011

Photo: 3.14 Hotel Cannes, France

B-Hotel Barcelona ***
Gran Via Corts Catalanes, 389-391
08015 Barcelone
Tél. 0034.93.552.95.00
http://www.b-hotel.com
à la Place Espanya, au centre de la ville, 10 mn de la Fira de Barcelone et du Centre de Convention, proche de la Gare, 10 mn du port
84 chambres à partir de 82 Euros
+ la sensation forte
– le bruit

Algodon Mansion*****
1647 Montevideo Street
C102AAA Buenos Aires
0054.(11).3530 7777
http://www.algodonmansion.com
au coeur de Buenos Aires, quartier Recoleta
10 suites à partir de 310 Dollars
+ le bar à cognac et à cigare
– l’universalité des salons

The Empire Hotel New York*****
44 West 63rd Street
New York 10023
Tél. 001(212).265-7400
http://www.empirehotelnyc.com
à Manhattan, face à Central Park, entre Broadway et Columbus Avenue
420 chambres à partir de 242 Dollars
+ la combinaison appétissante du blanc chantilly et du marron chocolat
– les façades laides de nombreux voisins

Hotel 3.14****
5, rue François Einesy
06400 Cannes
France
Tél. 0033(0)4.92.99.72.00
http://www.3-14hotel.com
centre-ville, 50 m de la Croisette, 300 m du Palais des Festivals,
94 chambres et suites à partir de 159 Euros
+ la plage
– le melting-pot des cultures n’est pas toujours réussi

Mondrian Hotel*****
8440 Sunset Boulevard
CA 90069
West Hollywood
Tél. 001.323.650.8999
237 chambres et appartements à partir de 315 Dollars
à West Hollywood, 4 km de la gare West Hollywood Highland
+ le glamour
– le mélange hip-hop/minimalisme du Spin, dédié au ping-pong

Des hôtels taillés business

Mariottt ShanghaiPartout dans le monde, des hôtels s’efforcent de satisfaire spécialement les clients d’affaires. Le site, l’édifice, le design et les services sont des critères cruciales.

L’offre spa n’est finalement pas si importante que cela. Au moment de la réservation, la plus part des hommes s’assurent que l’hôtel dispose d’une piscine. Mais ils n’ont finalement que rarement le temps d’y nager quelques longueurs. Les femmes d’affaires sont plus sensibles à l’équilibre physique et mental lors de leur déplacement en profitant des soins thérapeutiques dans le spa de l’hôtel dès que trois quarts d’heure se libèrent dans leur emploi du temps quotidien. A Boston, New York, Shanghai, à Jakarta, Dresde ou Stockholm, les nouveaux business hôtels affichent souvent un décor jugé trop universel qui n’est pas forcément recherché par les gens d’affaires qui se déplacent dans le monde entier pour leurs rendez-vous, congrès et salons. « Tous les hôtels se ressemblent. Tous ont le même look et perdent l’âme. On ne s’y sent pas en voyage », constate Brigitte Saby. A la rencontre de ses clients, l’architecte d’intérieur sillonne le monde. Pour la Française, l’hôtel d’affaire doit surtout être « agréable à regarder et équipé d’un service irréprochable ». Le design est plus important qu’on pense. « Tout dépend de mon rendez-vous », souligne Jacqueline Génot qui travaille dans les relations internationales du luxe. Elle recherche donc une adresse à la mode ou un établissement renommé. Lorsque José De Oliveira, directeur commerciale de l’hôtel Fouquet’s de Paris, rencontre les agences de voyage de luxe à l’étranger, il cible l’hôtel le plus référencié comme pied à terre. « On ne prend pas de risque », dit-il. Le Wifi doit fonctionner dès l’arrivée. Un voluptueux design contemporain ou un hôtel de luxe historique (par exemple Mandarin Oriental, Four Seasons) en centre-ville (L’hôtel National de Moscou) ont pour lui la priorité. Le Président de Bleu Nature, Frank Lefebvre, veut tout simplement de l’authenticité : « On doit se sentir dans le pays où on se trouve mais avec des standards techniques et de confort internationaux. Un hôtel à l’image internationale, toujours identique n’est pas souhaitable ». Alain Low, Président de Marie’s Corner donne la priorité aux hôtels d’affaires en plein centre-ville avec accès facile.

Parmi les récents ouvertures, l’Ames Hotel à Boston et le Crosby Street Hotel de New York rejoignent le mieux ses exigences. L’Ames Hotel du groupe Morgans se situe même dans l’emblématique Ames Building au cœur de la capitale du Massachussetts. Cette tour style Art Déco, édifié en 1889, est considéré comme le premier gratte-ciel, construit à Boston. Le design de l’hôtel ne peut pas prétendre d’être unique au monde. Son mix Art-Déco/baroque/ futuriste est actuellement très à la mode autour du globe. Mais l’architecture cossue en voûtes sculptés se marie élégamment à l’Art Déco, au glamour des Seventies et au futurisme léché des Sixties. Ce qui crée des espaces agréables à vivre, un ingrédient essentiel pour les voyageurs d’affaires. Ce qui est appelé « luxe universel » se traduit par de chambres généreuses (37m2 pour les Deluxe) et un service qui inclut, par exemple, le voiturier ou les soins de spa dans la chambre. Plusieurs espaces chics et uniques se prêtent au rendez-vous avec les clients : les chambres de luxe et l’appartement de 92m2 permettent de réunir 20 à 40 personnes en toute intimité. Plus champêtre, le parc privé – en plein centre-ville – se prête aux réceptions et aux banquets. A l’inverse, pour les repas solitaires, le bar du restaurant s’impose. Il permet la vue d’ensemble et un diner plus convivial que seul dans sa chambre ou à une table à moitié vide.

Avec son implantation dans le quartier new yorkais Soho, le Crosby Street Hotel est également une adresse chic qui séduit le monde de la mode et du design. Ouvert en 2009, l’hôtel reprend le style en blanc et en noir de l’air du temps. Un classicisme revisité (fauteuil Louis XV en blanc fleuri, cheminée ancienne, une touche de douceur en pastel, des couvertures crochetées en coton blanc). On aime la salle de bain généreuse en marbre et en bois. Son tabouret en plexi vert fluo apporte la touche ultra contemporaine. Les Crosby suites, meublées d’une table romaine et d’une commode au pied galbé Louis XV sert de véritable salon familial où des rendez-vous intimistes sont possibles. Ce qu’on appelle aujourd’hui dans le jargon hôtelier un « living room » est ici un lobby très lumineux. Parmi les trois salons de réunion, le Prince Private Room détient le plus de charme. Equipé de fauteuils à oreilles, d’un canapé et d’une table basse, le bien-être est assuré. Ecran plat, CD/ DVD, Lap top ou téléphone conférence, toute la panoplie technique est disponible à des tarifs toutefois salés (comptez 350 Dollars par jour pour la location du lap top), 2000 Dollars pour la location du Prince Private Room où vous pourriez réunir 80 personnes en réception ou 50 en diner privé. Un bar assez ludique complète l’offre. C’est du pur new yorkais avec une joli terrasse et un restaurant plutôt light et trendy (Soupe de tomates et de poireau, chèvre Noir, saumon suisse, popcorn caramel).

Marriott Shanghai Riverview SuiteL’organisation de déjeuner d’affaires et de conférence est la grande spécialité du groupe Marriott. Et le design de sa nouvelle tour à Shanghai n’est finalement pas si universel. Comme souvent dans ces grands tours, le charme est le grand absent, mais le choix des restaurants est impressionnant. Tout à fait adapté aux besoins d’une clientèle d’affaire, les 4 restaurants disposent tous d’un espace spacieux et de salons ou de coins privés. Le bambou, le bois clair, des bars à sushi et une ambiance zen dominent au restaurant japonais Inagiku. La cuisine célèbre cantonaise, par contre, est servie au Man Ho du 4e étage avec dix salons privés au décor chinois, dressés en rond et équipés d’un grand écran plat. Ce tout nouveau Marriott Shanghai City Center, ouvert en novembre 2011, est un palais contemporain en marbre de Chine : même l’intérieur de l’ascenseur Art-Déco est frappé de marbre bleu et jaune. Partout, les sols et les murs scintillent en marbre beige et ocre. Dans la mégapole d’affaires et de rencontres internationaux, le nouveau Marriott a pignon sur rue. A l’angle de la rue de Nankin et de Xi Zang Road, il se trouve au cœur de la métropole ; au carrefour vers le Bund et les ports ou vers les quartiers résidentiels de l’ancienne concession française. L’élégante tour de 39 étages offre des vues spectaculaires sur Shanghai, surtout depuis l’Etage Executive au 37e, grand et clair, équipé de jeux d’échec, d’ordinateurs et de trois salons discrets. La location d’une chambre ou d’une suite sur le même étage peut être un avantage. Mais ce dernier se situe surtout à l’étage 5 avec 2000m2 de salles de réunion, accessible par un ascenseur privée et doté de sa propre réception. Cet univers viril est ouvert vers la métropole grâce aux baies-vitrées et à l’architecture ouverte sur plusieurs étage. Le spa avec une piscine de 25m affiche le même visage business. Formel et efficace. Car tout y est. Mais les chambres ont du charme et diffusent la sérénité chinoise en bois foncé, laqué de dorures. Un store vénitien sépare la salle de bain de l’espace de vie qui offre un équipement technique impeccable.

Marriott Shanghai Executive LoungeSouvent le choix d’un hôtel proche des salons et des congrès prime. En Inde, le nouveau Vivanta by Taj de Bangalore se situe dans le quartier d’Yeshwantpur qui draine un volume d’affaires de plus en plus important. Décrit comme une oasis urbaine “new age,” l’établissement se trouve donc au cœur du quartier des conventions, à 14 km du centre de Bangalore. Ce « new age » s’exprime dans une architecture trop occidentale. Son style moderne est un brin trop universel, mais épicé de jolies chaises de bureau « Swan ». Surplombant le temple Iskcon et jouissant du calme des jardins, des réunions sont organisés sur une superficie de 1600 m² dans de salons très contemporains ou très classiques. Pour les rendez-vous se prêtent trois restaurants (Vivanta – le Paranda (cuisine du Punjab), l’Azure (carte méditerranéenne), Palette (plats d’inspiration orientale, continentale et indienne) – ou le Shimmerbar qui expose les dernières collections d’un créateur invité.

Publié dans COMMERCE INTERNATIONAL, Edition juin 2012; Photos: Marriott City Center Shanghai

Ames
1 Court Street
Boston, MA 02108
001.617.979.8100
http://www.ameshotel.com
114 chambres à partir de 325 Dollars
Les plus: station iPod, in room spa, très chic

Crosby Street Hotel
79, Crosby Street
New York NY 10012
001. 212 226 6400
http://www.firmdale.com/new-york/crosby-street-hotel
86 chambres à partir de 495 Dollars
Les plus : la salle de projections pour 99 personnes, wifi gratuit, Radio Tivoli, 2 lignes de téléphone, DVD-médiathèque

Marriott Shanghai City Centre*****
555, XI Zang Road (Middle), Huangpu District
Shanghai
2000003 China
0086.21.2312.9203
Shanghaimarriott.com
720 chambres et suites à partir de 152 Euros
Les plus : les salons des restaurants, l’emplacement, la vue

Vivanta by Taj -Yeshwantpur
2275 Tumkur Road
Yeshwantpur
Bangalore 560022
Karnataka
India
0091.80.6690.0111
http://www.vivantabytaj.com/Yeshwantpur-Bangalore/Overview.html
327 chambres et suites à partir de 101 Euros
Les plus : le prix, le spa avec soins traditionnels indiens, spacieux, calme

A l’italienne

Familiale, mais distingués, à la fois charmant et fonctionnel, après 30 ans d’existence, la chaine italienne Starhotels vient de rénover ses hôtels les plus prestigieux. A Paris, Trieste, Venise, Milan ou New York, ils ont tous pignon sur rue.

Starhotels vient d’achever un large programme de rénovation des cinq hôtels figurant dans la marque la plus luxueuse de la chaine italienne, « La Collezione ». Leur prestation correspond aux critères d’un hôtel cinq étoiles, mais les étoiles ne sont volontairement pas mises en avant. « Nous ne voulons pas nous priver d’une clientèle d’affaire qui hésite d’afficher le luxe sur sa note de frais », estime Dorella Lozzarotto, directrice de la vente, du marketing et de la distribution chez Starhotels. En atteignant 46 Millions d’Euros en 2011, ces cinq hôtels apportent à elles seules presque la moitié du chiffre d’affaire du groupe familiale (109 928 Euros hors New York).

Tous les cinq hôtels sont extrêmement bien placés. Elles se situent là, où chacun veut être: à Venise, légèrement en retrait de la tumultueuse Piazza San Marco, ou, en plein Manhattan, à l’angle de la Septième avenue et donc à deux pas de Central Park et Times Square. A Trieste, le Savoia Excelsior Palace se trouve face à la mer. Une brise douce glisse au nez. Si vous aimez Coco Chanel, optez pour l’étroite rue Cambon au cœur de Paris et vous profiteriez de la même vue, de la même ambiance agitée et soignée dont jouissait la célèbre couturière pendant une large partie de sa vie. Elle tenait son atelier juste à côté où se trouve toujours son appartement et la boutique. A Milan, l’hôtel Rosa Grand occupe un bâtiment à quelques pas du Dôme. Enfin, à côté de la Gare milanaise, Elisabetta Fabri vient d’ouvrir son premier établissement « écolo ». Cette mère de famille de deux enfants gère depuis l’an 2000 la société Starhotels, fondée par son père Ferrucio Fabri en 1980 à Florence.

Propriétaire et exploiteur de 22 hôtels, la présidente a fortement investi dans la restauration de sa collection internationale afin de la hisser au rang d’hôtels de luxe contemporains, très adaptés aux besoins des gens d’affaires. Mais ses cosy bijoux attirent également une clientèle touristique, familiale, individuelle ou en lune de miel. Tous expriment la culture et l’hospitalité italienne dans un habit historique, décorée d’un brassage des époques. Très ancré en Italie du Nord, le portefeuille de la société toscane ne comporte que deux établissements à l’étranger: le Castille de Paris dont les travaux de restauration viennent d’être achevés et le Michelangelo, une institution new yorkaise gérée par Elisabetta Fabri avant qu’elle ne prenne la tête de la société à Florence. En collaboration avec l’architecte italien Andrea Auletta, la présidente de Starhotels a su crée des lieux charmants dans lesquelles le client se sens chez soi. A Paris, le lobby du Castille ressemble plus à un salon d’une grande famille bourgeoise qu’à un hall d’hôtel. C’est un Living-room à la grâce florentine. Tout en coins et recoins. Une belle collection de tableau du 19e siècle décore les vieux murs de cette ancienne demeure du Maréchal du Luxembourg et du Comte de Brienne, édifié il y a 300 ans. Les meubles d’époques baignent dans une lumière tamisée. Car les rideaux drapés ne laissent entrer que quelques lueurs de la lumière du jour. L’immeuble avoisine les anciens ateliers et l’appartement de Mademoiselle Chanel dont la prédilection pour le noir-beige-blanc est reprise dans les chambres de l’hôtel et surtout dans les agréables suites duplex que les créateurs de mode louent aujourd’hui comme Showroom pendant la fashionweek. Equipées de deux salles de bain et d’un sofa qui se transforme en véritable lit, on y est également à l’aise en petite famille. Ce décor, contemporain et fonctionnel, entouré d’un cadre typiquement parisien est dominé de la touche italienne : le bois laqué noir luise ou le cuir galbe même les tiroirs. Le restaurant ouvre sur une cour intérieure avec une fontaine romaine. Les deux salons de réunions affichent cependant le raffinement français avec un service irréprochable, mais jamais hautain.

Le Splendid de Venise montre encore mieux ce bien-être italien, luxueux, mais convivial. La mise en scène de cet hôtel dans un bâtiment qui accueille des hôtes depuis le XVIème siècle permet de s’imaginer son propre scénario. On s’y sent Vénitien. C’est sans doute l’adresse la plus romantique de la « Collezione ». Au départ, ce fut une simple auberge entre la Piazza San Marco et le Ponte Rialto. Entièrement restauré, ce havre de paix a rouvert en 2008. Les gondolières passent devant la fenêtre. Les poutres au plafond, les parquets, le velours et la soie créent un cocon confortable entouré des canaux, des ruelles, des ponts. A l’inverse, Le Michelangelo new yorkais est une institution Art Déco, datant du Golden Age de la métropole. Le choix des tissus et les couleurs chaleureuses sonnent comme une note d’un chant des Italiens immigrés. Cet hôtel fut la première acquisition de la chaine à l’étranger. Dans le hall, l’assemblage de marbre, de palmiers et de bouquets de fleurs géants, de velours scintillant, frôle le kitsch. Meublées en bois massif de merisier et de chêne, les chambres et les suites cossues dessinent un look trop intemporel en velours, damas et cuir rouge coquelicot. Mais leurs confort est à la hauteur de la dimension américaine.

Le bijou de la famille se situe directement à la Riva del Mandracchio de Trieste. Lorsque le Savoia Excelsior ouvrit, il y a un siècle, ce palais de la Belle Epoque fut un des hôtels le plus luxueux d’Autriche-Hongrie et Trieste le port le plus importante de l’ancien Empire. La cité cosmopolite devient italienne à la fin de la première guerre mondiale. L’hôtel a bénéficié d’une importante rénovation pendant deux ans. La « Grande Dame » en blanc, achevée en 2009, vêtue d’une façade néoclassique avec fresques, propose maintenant un intérieur ultra contemporain sans aucun chichi. A partir de 130 Euros la nuit, sa vie de palace devient accessible. On ne se lasse pas du petit déjeuner sur le balcon face à la mer. Cet hôtel est également un secret d’initiés pour l’organisation d’un séminaire dépaysant: 9 salles de réunions permettent accueillir jusqu’à 650 personnes. Les lustres illuminent les fresques des belles salles au rez-de-chaussée, dont la plus grande baigne dans la lumière du jour grâce aux baies-vitrées. On s’assoit sur des chaises beiges contemporain sous les moulures du plafond. Au premier étage, les salles donnent sur le jardin d’hiver. La gastronomie de l’Europe Centrale du restaurant de l’hôtel est prisée par les Triestins.

L’hôtel Rosa Grand est également un des hôtels de conférence le plus important du centre de Milan. La salle Fortana qui compte 8 portes-fenêtres, surplombe la Piazza Fontana et la Via Pattari. Construit autour d’une cour intérieure, c’est l’hôtel le plus contemporain de la « Collezione » avec de beaux bureaux modernes dans les 340 chambres, rénovées en 2009.

Mais Elisabetta Fabri dévoile sa véritable ambition avec l’ouverture, en 2011, de l’E.C.HO à Milan. « Même dans l’industrie hôtelière, il est possible d’utiliser des technologies qui respectent notre écosystème et qui participent à la maîtrise des changements climatique », dit-elle. Son premier hôtel écologique-chic fait la part belle aux matériaux écologiques et recyclés. Les tables basses du lobby sont taillées en cèdre parfumé de forêts durables. Le grès imite le marbre des murs et le parquet des sols. L’immeuble qui dispose au jardin d’une chapelle Renaissance fut éventré et mis à l’heure écologique. Les panneaux solaires du toit fournissent de l’énergie servant à l’éclairage des couloirs et des parties communes. Les systèmes de récupération des eaux permettent de réduire la consommation d’eau de 20 %. Dans les chambres, la mémorisation de la température choisie par le client est stabilisée et remise lors d’un futur séjour. Enfin, la cuisine du restaurant Orto plébiscite les ingrédients biologiques de saison. Starhotels s’attaque actuellement à un même projet à Rome, face au Vatican. Avec sa vue sur la coupole de Michelangelo, l’hôtel éponyme a souvent servi comme quartier général aux télévisions internationales. Un investissement de 10 Millions d’Euros de travaux de démolition et de reconstruction est prévu afin de réaliser les mêmes critères écologiques que l’E.C.HO de Milan. Le Michelangelo écolo ouvrira en 2013 dans un design plus classique que contemporain. L’emplacement oblige.

Publié dans COMMERCE INTERNATIONAL, Edition Juin 2012

Contact :

Savoia Excelsior Palace
Riva del Mandracchio, 4
34124 Trieste
Italie
0039.040.77941
http://www.starhotels.com
106 chambres et 36 suites à partir de 130 Euros
9 salles de réunions

Rosa Grand
Piazza Fontana, 3
20122 Milan
Italie
0039 02 88311
http://www.starhotels.com
327 chambres et suites à partir de 180 Euros
8 salles de réunions

Castille Paris
33-37, rue Cambon
75001 Paris
0033.(0)1.44.58.44.58
http://www.castille.com
108 chambres et suites à partir de 200 Euros
2 salles de réunions

The Michelangelo
152, West 51st Street
New York, NY 10019 USA
001 212 7651 1900
http://www.michelangelohotel.com
179 chambres et 28 résidences à partir de 285 Euros
4 salles de réunions

Splendid Venice
S. Marco Mercerie, 760
30124 Venise
Italie
0039 041 5200755
http://www.starhotels.com
143 chambres et 16 suites à partir de 180 Euros

E.c.ho Milan
Viale Andrea Doria, 4
20124 Milan
0039 02 07 891
http://www.starhotels.com
143 chambres et suites à partir de 190 Euros
5 salles de réunions

Les Trésors de la Colombie

13-suite-mayor6-ninos14-vistaMalgré du risque d’enlèvement, des vacances en Colombie sont tendance. Le nouvel eldorado touristique attire les globetrotteurs, courageux et frileux de sensations fortes en nature ensorcelante.

En proposant des séjours insolites dans de lodges, de cabanes ou de boutiques hôtels, toute l’Amérique latine a le vent en poupe. Au cœur du Triangle du café, le Casa Caballero Hotel Boutique se trouve, par exemple, au milieu de plantations de café. La Colombie séduit également par ses 300 plages de deux océans différentes, séparés par la zone frontière avec le Panama : côté ouest, vous choisissez le Pacifique sauvage avec son sable noir, à l’est, l’ambiance caribéenne de l’Atlantique, jetant du sable blanc sur la côte la plus cotée de la Colombie : à 34 km de la bouillonnante station balnéaire Santa Marta – la première ville espagnole construite en Amérique du Sud – les plages du Parc national Tayrona compte pour les plus vierges du pays. La Sierra Nevada y étend ses bras jusqu’au littoral, pour former des paysages sublimes constitués de criques et de falaises rocheuses.

Entouré de mangroves, de récifs coralliens et de vestiges archéologiques, les Ecohaps se glissent comme un gant dans leur environnement qu’on observe blotti dans son hamac à l’ombre. Tout est construit en matières naturels locales, comme les feuilles de palmiers qui couvrent les toits et qui tombent devant les fenêtres, servant ainsi de vénitienne. S’il n’y avait pas de parasols bleus à la plage, depuis l’avion, ces villas en forme de champignon géant serait presque invisibles, perchées sur les collines de la forêt, cachées sous la végétation luxuriante d’un parc national de 150 km2, crée en 1964. A l’intérieur des villas, le bois indigène domine le design contemporain. Côté technique et confort, elles sont très bien équipées. Même des spleens luxueux – comme un bain moussant en plein air – sont au rendez-vous.

Un retrait encore plus pointu et hors du commun se passe au cœur des plantations du Triangle du Café, à la Casa Caballero. Le look de l’hôtel est plutôt désuet. Mais bordé de balisiers, d’orchidées et de fougères tombantes on y inspire dès le matin le parfum des plantations. On y profite pour visiter les terres du café colombien dans le Parc National du café à Montenegro, entré récemment au Patrimoine de L’Humanité de l’UNESCO. Ce musée à ciel ouvert permet de plonger dans la culture du café. Un séjour plus classique et plus historique, se passe à La Casa Pestagna & Spa au cœur de Carthagène, se situant à la mer des Caraïbes. Cette ancienne demeure du comte de Pestagna affiche une architecture colombienne de premier ordre. La pousada d’onze spacieuses chambres propose un ameublement colonial, républicain ou Art Déco, mais disposé d’une manière dépouillé dans l’esprit contemporain. Cet oasis au service personnalisé permet de sortir d’un seul pas du silence de l’hôtel dans les festivités au cœur de la citadelle de Carthagène, également classé au patrimoine historique de l’UNESCO. La Casa Pestagna & Spa – qui propose des soins gourmands de chocolat, caviar ou de café – se trouve à quelques pas de la cathédrale, des incontournables restaurants, tout comme de La Maison de L’Inquisition ou du Musée d’Art Moderne.

L’autre highlight se passe dans le Pacifique, à 1000 km au large de l’Equateur. La visite des îles Galápagos est possible en faisant escale sur terre dans les lodges de Red Mangrove, installés depuis 1995 sur trois îles : Santa Cruz, Foreala et Isabela . Ressemblant à des bunkers modernes, l’Isabela se situe directement à la plage. Très ethno-chic, l’Aventura à Puerto Ayora sur Santa Cruz est l’adresse la plus classique du trio. Elle permet d’explorer les cratères volcaniques au sommet de l’île ou l’intérieur minéral surréaliste d’un tunnel de lave. Sur les plages et les îlots environnants, on part nager parmi les otaries, on s’approche des îlots de Las Tintoreras, habitat naturel de nombreux iguanes, pingouins, requins et tortues. Au Floreala Lodge sur l’île du même nom, la moins peuplé de l’archipel, le séjour dans de chaleureuses cabanes sert de base d’expédition dans cette splendide et mystérieuse faune et flore unique. Construit en bois locaux, ces « cabines » se passent de télés et de téléphones; le bien-être se contente de l’air conditionné, d’un radio réveil, de l’eau chaude.

Bien plus huppé, la Jet set prend d’assaut Punta del Este, le Saint-Tropez sud-américaine en Uruguay. D’abord prisé par la crème argentine, les américains et les personnalités du monde entier y affluent aujourd’hui : Sting, Albert de Monaco, Karl Lagerfeld. A la pointe d’une langue de terre, à la paisible plage La Barra, le nouvel hôtel Fasano est d’une sobriété contemporaine époustouflante. Le spa est en béton ; la piscine creusé dans la roche. Ce n’est pas toujours beau, mais les bâtiments rectangulaires – en verres, cuivre ou béton – de l’architecte brésilien Isay Weinfeld offrent une mise en scène harmonieux. Entouré du purisme vintage coloniale, les fenêtres de plain-pied apportent à l’intérieur la sensation d’embrasser les 480 hectares de prairie. L’hôtel se composant de 32 bungalow-suites et d’un golf de 9 trous est le seul établissement de la famille Fasano hors du Brésil. Spa, centre d’équitation avec un terrain de Polo et tennis sont sur place, mais les deux plages les plus chauds de Punta del Este, la Barra et José Ignacio, suffissent en elles-mêmes afin de se croire en paradis.

Publié dans COMMERCE INTERNATIONAL, Edition Juillet 2012

Casa Pestagua Hotel Boutique Spa*****
Calle de Santo Domingo 33-63
Cartagena de Indias
Colombia
0057(5) 664 9510
http://www.hotelboutiquecasapestagua.com
7 jours et 5 nuits d’hôtel avec
petit déjeuner américain, à partir de 1490 Euros par personne, vol incluse, chez http://www.mango-dreams.fr

Ecohaps Tayrona
Santa Marta
Colombia
0057.5.423.11.23
http://www.ecohabsantamarta.com/ecohabs-tayrona
villas jusqu’à 4 personnes à partir de 178 Euro la nuit
http://www.colombia-travel/fr y propose des séjours organisés

Hotel Fasano Las Piedras Punta del Este*****
Cno. Cerro Egusquiza y Paso del Barranco
La Barra, Punta des Este
20400, Uruguay
00598 (55-11) 3896-4000
22 chambres et 10 suites à partir de 314 Euros
http://www.lhw.com/fasanolaspiedras

Casa Caballero Hotel Boutique
Autopista del Café
Pereira, Via Armenia
Colombia
0057 310 42 36826
http://www.casacaballerohotelboutique.com
1 nuit à partir de 284 Euros

Red Mangrove Aventura Lodge
Avenue Charles Darwin
Puerto Ayora
Santa Cruz
Galapagos Islands
(593 5) 252 65 64
http://www.redmangrove.com/lodging/aventura.html
12 chambres

Red Mangrove Isabela Lodge
Ave. Conocarpus
Puerto General Villamil
Isabela
Galapagos Islands
(5935) 301 70 69
(5935)252 90 30
http://www.redmangrove.com/lodging/isabela.html
8 chambres

Red Mangrove Floreano Lodge
Playa Negra
Puerto Vesasco Ibarra
Floreano
Galapagos Islands
(5935 5 )252 49 05
http://www.redmangrove.com/lodging/floreana.html
10 cabines

« Voyage inédit » y organise des séjours personnalisés à partir de 1335 Euros pour 4 nuits, hors vols internationaux. http://www.voyageinedit.com/equateur/mini-circuits-equateur/extension-dans-les-galapagos-entre-terre-et-mer.html

Perfekt im Perfecto

Perfecto RedskinsNach der Hose, dem Smoking und dem Sakko, macht sich die Damenmode diesen Herbst hinter eine andere Männerdomäne. Was heute schick, aber widerspenstig anmutet, war einst das Outfit der Rebellen. Wie kein anderes Kleidungsstück, versinnbildlicht die Perfecto mit dem hohen Kragen den weichen Kern in der harten Schale. Sexy, unberechenbar, aber empfindlich trug James Dean sie in Nicolas Rays amerikanischem Kultfilms “…denn sie wissen nicht was sie tun” (1955). Marlon Brando erreichte 1953 als ein Gruppenanführer jungendlicher Motorradfahrer in « Der Wilde » die gleiche unschuldige, dekadente Sexyness. Ein vom zweiten Weltkrieg inspiriertes Modell galt unter den mythischen Rockern der Hells’Angels als Sammlerstück. Von Elvis Presley lanciert, wurde die Perfecto anschliessend zum starken Symbol mehrerer Musikgenerationen. Rock, Punk, ja sogar der Pop ist mit ihr verschweisst: Wer erinnert sich nicht an Michael Jacksons blutrot schimmernde Perfecto in « Thriller ».?
Brigitte Bardot und Madonna waren die erste Frauen, die zum Perfecto griffen. In dieser Jacke fühlt sich frau wohl behütet, empfindet Macht und strahlt diese auch aus. Das Fashionvictim Victoria Beckham trägt kurze, enge Modelle in Knautschleder von Marc Jacobs. Dieser bezeichnet seine bei Louis Vuitton in eigelbe Croco- Perfectos eingehüllten Feen als « stark aber zärtlich ». Ursprünglich wurde die Perfecto nach der kubanischen Lieblingszigarre von Irving Schott benannt. Der entwarf 1928 Lederjacken in New York zum Schutze der amerikanischen Motorradfahrer, steiff in Büffel- oder Pferdeleder gegerbt und: unzerrreissbar. Diesen Herbst verleiht die Perfecto der Frau eine starke Allüre. Sie passt hervorragend über lange, leichte Abendkleider oder zu engen Hosen. Das bei Schott Brothers in New York noch immer erhältliche Originalmodell haben die Spitzendesigner allerdings gezähmt. Rosa mit Yin-Yang-Aufdruck, körperbetont geschnitten, im Tarndruck oder flauschig in Daunen abgesteppt, wirft der Blouson mit dem leicht diagonalen Reissverschluss seinen schwarzen Schatten ab. Die Superkurzen in weichem Lammleder haben ungemein Pfiff. Die mit Nägel beschlagenen Schwarzen reflektieren am Treffendsten das rebellische Original, das jedoch nicht alle so unwiderstehlich macht wie einst James Dean. Die Damen sind zur Vorsicht gebeten. Im schwarzen Perfecto kann frau auch aufdringlich wirken oder ein “Rühr mich nicht an! » anzeigen.

Erschienen am 7. 12. 2012 in der AARGAUER ZEITUNG, Baden, Schweiz

Frankreichs Modegiganten schlagen zu

hedi slimane lowDie französischen Luxuskonzerne LVMH und PPR buhlen um die Gunst des modefreudigen Mannes und landen geniale Schachzüge in der Damenmode: Raf Simons ersetzt John Galliano bei Dior, Hedi Slimane wird Yves Saint Laurents Chefdesigner.

Dank dem riesigen asiatischen Markt erfährt die Männermode im Luxussegment Zuwachsraten von bis zu 50 Prozent. Da wollen sich die beiden französischen Luxusgruppen PPR und LVMH (Louis-Vuitton-Moët-Hennessy) ein möglichst grosses Stück abschneiden. Die beiden Rivalen melden Schlag auf Schlag die Einstellung neuer Stardesigner, Markeneinkäufe und Neulancierungen an, immer mit dem Ziel, in Asien ihre Präsenz auszubauen. Es handelt sich dabei um die Fortsetzung eines Luxuskrieges, der 1999 zwischen den beiden französischen Modegiganten ausgebrochen ist. Es ist ein Gefecht um Prestige und Marktanteile zweier steinreicher Männer: Als Präsident der Luxusholding LVMH ist Bernard Arnault heute der reichste Mann Frankreichs. Mit seinem von Forbes auf 41 Milliarden geschätzen Vermögen steht der 63jährige ebenfalls an vierter Stelle der reichsten Erdenbürger. Da klingen die 8 Milliarden seines Erzrivalen François Pinault beinahe bescheiden. Der 74jährige Bretone ging zwar 2003 in Pension, doch seither führt sein Sohn François-Henri geschickt die PPR-Gruppe, die bis zur letzten Jahrtausendwende aus Betrieben für die breite Masse bestanden hat. Als Pinault jedoch 1999 Gucci und Yves Saint Laurent erwarb und damit den PPR-Luxuspol gründete, empfand Arnault diesen Einstieg als unverzeihbarer Affront. Denn auch der LVMH-Präsident stand gleichzeitig mit Gucci in Kaufverhandlungen.
Jetzt buhlen die beiden Modegiganten in der Männermode mit prägnanten Schachzügen. Zuerst meldete François-Henri Pinault im letzten November den Kauf der italienischen Luxusmarke Brioni, die keinen minderen als James Bond einkleidet. Auch Barack Obama, halb Hollywood, Wladimir Putin oder Nelson Mandela tragen Brionis Massanzüge. “Wir hegen grosse Ambitionen für dieses die italienische Eleganz wiederspiegelnden Modehauses”, unterstreicht Pinault. Doch auch LVMH will ein anderes, ursprünglich italienisches Label gross herausbringen: Berluti hat sich seit seiner Gründung von 1895 einen Namen mit Massluxusschuhen gemacht. Ab Juni kommt nun eine erste Männermodekollektion in seine Läden. Alles edle Sachen für die Chefetage mit schimmernden Smokings, die Brioni an den Oskarverleihungen Konkurrenz machen dürften. Für diesen Winkelzug hat LVMH eine namhafte Designergrösse aus Mailand eingestellt: Alessandro Sartori entwarf jahrelang für Ermenegildo Zegna.

Dieses extravagante Auftrumpfen erfährt jetzt aber einen Dämpfer : Der beste Männermodedesigner des 21. Jahrhunderts, Hedi Slimane, entwirft ab sofort beim PPR-Label Yves Saint Laurent. Das ist für Arnault umso schmerzhafter, als dass Slimane 2007 seinen Vertrag mit der LVMH-Marke Dior homme nicht erneuert hat. Der heute 43jährige Franzose zog sich damals nach Los Angeles zurück, um sich der Photographie zu widmen. Mit seinem Weggang versickerte ebenso der weltweite Ruhm von Diors Männermode. Der eigenwillige, sensible Slimane kehrt allerdings nicht wegen der Männerabteilung zu Saint Laurent zurück, wo er bereits als 30jähriger während dreier Jahre seine Karriere gestartet hat. Als Yves Saint Laurents “Direktor der Kreation und des Image” trägt er das gesamte Bild des Modehauses. “Es ist diese globale Aufgabe, die ihn begeistert,” erklärt seine Pressesprecherin Laurence Kleinknecht. “Hedi liegt das Hause Saint Laurent am Herzen. Es handelt sich um eine Rückkehr zur Quelle”. PPR erwartet von seinem neuen Stardesigner allerdings, dass er insbesondere Yves Saint Laurents reiches, historisches Erbe der Damenmode modernisiert, ein Ziel, auf das man gespannt sein darf. Denn auch die Frauen standen schwer auf Hedis androgyne Dior-Anzüge.

Doch nun ist Dior ein ebenso genialer Vorstoss gelungen: Die Modeszene wartet seit 13 Monaten auf einen Nachfolger des fristlos entlassenen John Galliano. Die ende März angekündigte Einstellung des Belgiers Raf Simons als neuer Art Director von Diors Haute Couture, Damen-Prêt-à-Porters und Accessoires ist eine gelungene Erlösung. Der gesetzte Belgier, der sein Talent seit 1996 mit seiner eigenen Männermode und seit 2005 auch als Jil Sanders Damenmodedesigner bewiesen hat, ist das Gegenteil des fulminanten Galliano. Der graziöse Simons, ein Mann mit Köpfchen, ist schwer im Minimalismus verhaftet, weiss aber auch zu provozieren. Die Haute Couture ist für ihn allerdings absolutes Neuland.
Arnaults und Pinaults Schlagabtausch wird im kommenden Sommer einen ersten Höhepunkt erfahren. Denn Hedi Slimane zeigt seine erste Yves-Saint-Laurent Männerkollektion Ende Juni, nur wenige Tage bevor Raf Simons sein erstes Stelldichein von Diors Haute Couture vorführen wird. Bestimmt werden LVMH und PPR auch ihren erbarmungslosen Männermodekrieg in Asien weiterführen. Denn nur schon in China, ein Land mit geschätzten 2,7 Millionen Millionären, werden 60 % aller Luxuskäufe von Männern getätigt.
Erschienen 27. April 2012 in AARGAUER ZEITUNG, Baden, Schweiz