Amerikas Skandalkönig Calvin Klein provoziert seit 40 Jahren

Mit 10 000 ausgeliehenen Dollars hat der heute 66jährige sein Modeunternehmen 1968 in Manhatten gegründet. An der West Side stieg kürzlich auch die Jubiläumsparty. Allerdings ohne Calvin Klein.

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Im Gedränge der glamourösen Party auf einem alten Schienenweg zwischen der 34. Strasse und Meatpacking waren hingegen die Schauspielerinnen Brooke Shields und Eva Mendes im dichten Gedränge zu erkennen. Die beiden sind zwei Skandalträgerinnen der Marke. Von gestern und heute. Wer erinnert sich nicht an die 14jährige Brooke, als diese 1979 in einer engen CK-Jeans mit dem Satz “Weisst Du, was zwischen mir und meine Calvins kommt? Nichts.” Reklame machte. Vor allem die puritanischen Amerikaner waren entsetzt, doch Klein verkaufte pro Woche mehrere Zehntausend dieser ersten Designerjeans, und das auf einem Jeansmarkt, der damals mit Levy’s, Rifle und Co. bereits gesättigt war. So provokativ und innovativ war diese Werbung nicht. Brooke Shields spielte das Jahr zuvor im Kinostreifen “Pretty Baby” eine Jungfrau im Bordell. Und dass die US-Fernsehsender die Werbung für den neuen Calvin-Klein-Duft “Secret Obsession” mit der nackten Eva Mendes nicht abspielen wollen, ist heute ebenso übertrieben. Die lasziven Bewegungen der Hollywoodschauspielerin auf dem Sofa sind sinnlich und nicht obzön. Die heutigen Besitzer des Labels knüpfen damit lediglich Calvin Kleins 40jährige Werbe-Saga weiter. Doch man darf das Talent des in den Bronx geborenen Modedesigners nicht auf dieses Schlüsselement reduzieren.

Calvin Klein hat einiges erfunden. Er machte Designermode zum Mainstream, die Feinrippenunterhose mit dem Logo auf dem Gummiband zum scharfen Kultobjek; er machte als erster mit Schauspielern anstatt mit Models Werbung und gab mit “ckOne” auch das erste Unisexparfüm heraus. “The Ice-King of Madison Avenue” hatte überhaupt ein feines Gespür für Düfte mit Bestsellerpotential: Obsession (1985), Eternity (88) und “ckOne” sind heute weltbekannte, noch immer aktuelle Klassiker. Klar hat Mark Wahlbergs Waschbrettbauch dazu beigetragen, dass der knackige Feinrippen-Boxer zum Must-have wurde. Wer jedoch erinnert sich heute an den Schauspieler? Die CK-Unterwäsche ist trotzdem noch immer eine der meistverkauften in der Welt und massgeblich am Milliarden hohen Umsatz der heutigen Besitzerin der Marke, der Philipps-van Heusen Corporation, beteiligt. So wie die Jeans.

Calvin Kleins erste Kollektion von 1967 bestand allerdings fast nur aus Mänteln. Der Sohn des Lebensmittelhändlers Leo wusste wohl schon sehr früh, dass er einmal Kleider herstellen würde. Er soll bereits als 5jähriger Kleidchen für die Puppen seiner Schwester genäht haben. Obwohl die fünfköpfige Familie jüdisch-ungarischer Abstammung in bescheidenen Verhältnissen in den Bronx lebte, hatte Mutter Flo besondere Klasse. Sie war Calvins permanente Inspirationsquelle. “Sie mochte extravagante und dennoch unauffällige Kleider. Sophisticated. Weiss », sagte er 1994 in einem Interview in der britischen Tageszeitung « The Independent ». Starke Farben gibt es auch in Kleins Kollektionen kaum, die fast nur aus den US-Elementen Jeans, T-Shirt und Caban-Jacken bestehen. Alles in Weiss, Grau und Schwarz. Clean, simpel und sexy, was ihm den Titel des “Supreme Master of Minimalisme” eingebracht hat. Er wurde 1993 auch zum besten, amerikanischen Designer gekürt. Klein, der an der New Yorker School of Art & Design und dem Fashion Institute of Technology studiert hatte, entwarf Anzüge, die wie Anzüge aussehen, “sich aber wie Pullover tragen”, wie er sie beschrieb. Ebenso schuf er eine Mode für aktive, vielbeschäftigte, autoritäre Frauen, die “viele Leben während des einen leben”. Sie sollen sich gut und sexy fühlen.

Sein Idol ist Chanel und die pfiffige Einfachheit seiner Schnitte die Fortsetzung einer ihm ganz eigenen Perfektion, eine Art Reinheit. Obwohl ihm die amerikanischen Moralapostel Bissexualität und, wegen der jungen Models, gar Kinderpornographie vorwerfen, haben viele Frauen massgeblich zu Kleins Erfolg beigetragen. Seine Grossmutter brachte ihm die Bediehnung einer Nähmaschine bei, seine zweite Frau Kelly legte die Richtung des Unternehmens fest, und seine Tochter Marcy hält ihn “Up to date”.

Was der reiche Designer heute treibt, weiss man nicht genau. Er verkaufte sein Modeimperium 2003 für 430 Millionen Dollars an Philipps-van Heusen. Kurz zuvor hatte er bekanntgegeben, erneut in eine Entziehungskur zu gehen. Der Verkauf der Firma habe aber nichts mit seinem Drogen- und Alkoholrückfall zu tun, erklärte der Skandalkönig mit dem verwegenen, romantischen Blick. Er wollte schon 1999 verkaufen. Damals stand Konkurrent Tommy Hilfiger als potentieller Käufer zur Diskussion. Heute entwerfen Francisco Costa (Damen) und Italo Zucchelli (Männer) Calvin Kleins Kleider, zwei Designer, die der Firmengründer bei der Geschäftsübergabe selbst ausgewählt hat. Er gestand sich selbst auch weiterhin die Position als beratender, kreativer Direktor zu. Selbst wenn Kleins Rolle heute klein sein sollte, bleibt Calvin Klein eine der bekanntesten Bekleidungsfirmen der Welt.

Erschienen in der Aargauer Zeitung, Schweiz, 30. September 2008

Photo: wikipedia

Ralph Lauren, le self-made-man du Bronx

Avec sa plus grande boutique et son seul restaurant en Europe, Ralph Lauren émerveille Paris. Clients friands du « preppy »-style ou badauds fascinés par le rêve américain s’y livrent à un chassé-croisé en découvrant la vie du self-made-man du Bronx de New York.

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Des salons remplis de bibelots, des chambres prêtes à l’essayage et une cage d’escalier, digne d’une galerie, Ralph Lauren est venu en personne ouvrir sa boutique parisienne dans un hôtel particulier, construit dans les années 1680 en rococo français. Le créateur de mode américain, couronné de prix et de prestige, est, à 71 ans, toujours le PDG de son entreprise, cotée en bourse depuis 1997, dont il détient la majorité du capital. Cet univers de chaussures, de vêtements, d’accessoires, de parfums, de montres, de meubles et de restauration américaine, engendre un chiffre d’affaire annuel de 5 milliards de dollars. « J’écris à travers mes vêtements », raconte le septuagénaire à la chevelure blanche. Mais ses superbes robes d’été, très sages, ses costumes rayures sur mesure ou sa fameuse chemise Polo sont juste un fond de commerce, une expression, un chapitre du monde Lauren. En touchant un lin blanc ou en faisant glisser les doits sur une paire de derby laqué, on oublie où on se trouve. Dans un magasin ? Dans un musée ? Chez un particulier ? L’ascenseur en bois, style New York 1900, est tentant, mais la montée par les escaliers se relève plus envoutante. Des tableaux romantiques et une foule de chevaux y lance des clins d’œil, comme chez Ralph Lauren dans sa maison anglaise à Bedford dans la banlieue new yorkaise. Avec ce flagship parisien, l’épicurien veut consolider sa présence sur le vieux continent. Et : « J’ai enfin le sentiment que je vais pouvoir raconter toute mon histoire ». Dans la foulé, ex-président français, Nicolas Sarkozy – qui porte lui-même la marque – l’a nommé Chevalier de la Légion d’honneur pour son engagement de designer, de dirigeant d’entreprise et de mécène dans la lutte contre le cancer. Car tout n’est pas que glamour dans la vie de cet homme au sourire large : il a lui-même combattu une tumeur du cerveau en 1986.

Le créateur du fameux logo de Polo n’a jamais joué au Polo, ni fréquenté une école de mode. Ce petit fils d’un juif ashkénaze, émigré de la Russie et installé dans le Bronx de New York, quitta l’école de commerce pour dessiner des cravates. Son père, un peintre, lui a légué la passion du crayon et du pinceau ; sa mère, la joie d’une famille nombreuse. Adolescent, Ralph travaille tout en suivant le collège. Il économise afin de pouvoir s’acheter de beaux costumes, un luxe pour ce benjamin, habitué à hériter les tenues de ses quatre frères ainés. « Quand j’étais enfant dans le Bronx, je le voyais et je me disais : qui est cette personne ? Qui s’habille de cette manière ? », se rappelle son confrère Calvin Klein. Ralph, né Lifshitz, un nom que son frère Jerry aurait changé en Lauren, confectionne ses tenues lui-même. Ambitieux du bec aux ongles, il réalise ses désirs et ses rêves. Avec un emprunt de 50 000 Dollars, il lance, en 1967, des cravates, large et voyante, griffée « Polo ». Toute une collection masculine suivra, et en 1971, la gamme pour la femme. A l’époque, le patron est déjà marié à Ricky Low-Beer et père de deux enfants. Deux autres suivrons. Le monde entier en est témoin : l’homme qui aime les voitures, la nature, le cuir, les chevaux et la sellerie, met toute sa famille en scène dans ses campagnes publicitaires. Ses costumes pour le film « Gatsby le Magnifique » (1974) donnent un aperçu de son gout raffiné, qu’il développera au cours de sa carrière de 42 ans : preppy (mignon, subtil, délicat, discret, mais cher) ou sportif et abordable; tout en imposant aux hommes d’affaires et aux sportives un reflet de la côte de la Nouvelle Angleterre, un brin de la culture amérindienne, le rêve du far West et la fascination d’Hollywood. En fait, Lauren vend tout ce qu’il crée pour lui-même : Dans son Ranch au Colorado, par exemple, la table est dressée d’une vaisselle en porcelaine, signée « R ». Les mêmes assiettes arrivent sur les nappes blanches du nouveau restaurant « Ralph’s » dans les anciennes écuries de l’hôtel particulier parisien. Les clients y dégustent un homard du Maine, un crabe du Maryland, de simples hotdogs ou du bœuf bio Angus. Mieux encore, en choisissant le filet ou l’aloyau, ils dévorent, en exclusivité, du bœuf du Ranch « RRL » au Colorado. Le designer y vit entouré d’une prairie à perte de vue. Piscine en plein nature, vue sur les montagnes enneigées, Tipi meublé et maison en rondins, équipé d’un home cinéma, de fauteuils en cuir, d’une cheminée et d’ustensiles de cowboy : l’ambiance de ce refuge du New Yorkais se glisse à Paris sous les combles du 173, boulevard Saint Germain. L’odeur du denim et du cuir y persiste. Pour clôturer cette escapade mi-shopping, mi-visite culturelle, un Margarita glacé s’impose. C’est le cocktail préféré du self-made-man.

Paris, le 9 avril 2013