Le Yoga – Performance ou connexion au souffle premier du monde?

Tonicité musculaire, souplesse des articulations, perte de poids et vecteur anti-stress, le yoga est devenu un sport de masse qui fait transpirer. Avons-nous oublié son but premier, l’unité du corps et de l’esprit, l’harmonie du mouvement et de la respiration?

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D.R.
Lié à la découverte de la spiritualité orientale dans les années baba-cool, le yoga est aujourd’hui consommé comme un sport de masse. Les uns recherchent un corps sain, beau et fort, les autres veulent avoir des idées claires. Aux États-Unis, où les messieurs adeptes sont en forte progression, 15 millions d’Américains le pratiquent régulièrement. Certains cours se déroulent même en plein cœur des centres commerciaux et accueillent jusqu’à un millier de participants. On est donc bien loin de l’ancestral maître hindou transmettant son art à son élève unique. 
En Suisse, le phénomène s’inscrit dans la tendance du bio et de la « slow life ». Des cours pour managers sont même organisés dans des entreprises. En France, maigrir ou se déstresser sont souvent vus comme le principal but de cette activité qui n’est pas vraiment un sport. C’est plutôt une philosophie de vie, un état d’être. Car même s’il est fréquemment exercé comme de la gymnastique, la respiration exacte, liée au mouvement du corps, et l’exigence d’une concentration totale nous ramènent toutefois aux racines indiennes, lorsque les premiers yogis méditaient, il y a plus de 5 000 ans, dans une posture immobile afin d’atteindre un absolu spirituel. Au XVe siècle, avec le traité Hatha Yoga Prodîpikâ, les postures deviennent l’étape à maîtriser sur le chemin de la méditation ; on y apprend le respect et l’harmonie. Au XXe siècle, la combinaison des postures et le rythme de leur enchaînement font évoluer la pratique sous l’influence occidentale. Or, même dans son pays d’origine, ce ne fut pas toujours, et à strictement parler, une quête de spiritualité. À Calcutta, dans les années 1930, les culturistes intégraient volontiers quelques postures dans leurs exercices. C’était donc plutôt alors une démarche physique. Les grands maîtres hindous auront ajouté la dimension spirituelle.

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