Ein Kinderspiel

Weit weg von allem Formellen macht die Highfashion der Männer die Mode zum Spiel mit Slogans, Sport und Teddybären.

Street-, Sport-, Skate- und Workwear werden nicht mehr nur privat oder auf der Baustelle getragen. Die Männermodeshows von London, Mailand, Paris und jetzt in New York geben einen köstlichen Vorgeschmack der nächsten Herbst- und Wintermode. Der Mann wird auch im Büro, der Chefetage, an Vernissagen und Versammlungen auf Komfort mit Pfiff zählen können. Drei Trends machen es möglich: Athleisure  als Luxus-Sportwear der Highfashion und Activewear aus technischen Materialien top modisch aufgemotzt. Gemeinsam dienen sie dem dritten Trend, der Verherrlichung der Millenials-Generation, die surft, spielt, trekkt und tanzt. Klar sind die unter Zwanzigjährigen ein Zielpublikum der grossen Modemarken, doch der … Lire la suite

Designerwechsel – ein Risiko, das die Zukunft bestimmt

Der Schritt ins Unbekannte, der sich meist auszahlt : An der Pariser Fashionweek zeigten hochkarätige Marken die Kollektionen ihrer neu eingestellten, weltbesten Chefdesigner.

Dior_AW1516 - Group shotRaf Simons pour Christian Dior  copyright: Dior

Ganze neun Tage dauerte diesmal die Pariser Fashionweek mit einer neuen Herbst- und Wintermode, die Biss hat : Aalglatte Schaftstiefel verwandeln sich zu Strümpfen. Pelze und Häute, Motive und Farben aus der Savanne oder dem Urwald drücken das Tierische, das Unvorhergesehene, das Ungewisse der Frau aus. Ebenso ungewiss spielen die weltweiten Modeplayer, wenn sie neue Chefdesigner einstellen. Kering und LVMH aus Paris, der Barceloner Konzern Puig sowie Renzo Rossos italienische Holding « Only the Brave » buhlen für ihre diversen Marken um die weltbesten Modedesigner. Auch das an der Pariser Börse notierte, über 170jährige Familienunternehmen Hermès International, führt  zwar wie Chanel kein solches Marken-Portefeuille…, Lire la suite

Légende d’une chaussure rebelle

Symbole du monde d’ouvrier et de la rébellion,  les légendaires Dr. Martens influencent maintenant les podiums des grandes marques de la mode masculine.

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Le modèle de Kenzo automne-hiver 2014/15, copyright eeh

Même le pape Jean-Paul II aimait les Docs. Quant au dalaï-lama, nul n’ignore son empathie pour la marque de légende. Plus communément, les médecins n’hésitent pas à les porter pour avaler plus aisément les kilomètres de couloirs d’hôpitaux, les avocats ceux des palais de justice. « Ces chaussures donnent l’impression de marcher dans l’air », écrivait déjà, en 1960, le journaliste de la revue anglaise Shoe & Leather News. Les Doc Martens venaient de naître à grande échelle. Rappel permanent de sa date de lancement le 1er avril 1960, le 1460, le premier modèle devenu fétiche et sorti de la fabrique anglaise R. Griggs & Co, ont fêté, il y a quatre ans, leurs 50ème anniversaire. Pourtant, cette mode d’ouvrier, aujourd’hui appelée workwear, redevient tendance: des grandes marques de la mode masculine à l’instar de Kenzo qui lance des chaussures sur d’épaisses semelles en caoutchouc ressemblant aux fameux Doc Martens en version plus chic.

L’histoire des « Doc » qui débute réellement en 1945 rappelle cependant une sombre période: un ex-soldat allemand, le docteur Klaus Maertens, se casse le pied en skiant dans les Alpes. En pleine pénurie de cette fin de guerre, il se bricole avec du matériel retrouvé dans des débris une chaussure orthopédique qui tient bien son pied meurtri. Un des amis luxembourgeois du docteur Maertens, également médecin, est fasciné par ce prototype en semelle de gomme épaisse à coussin d’air. Les deux praticiens décident alors de la produire en nombre et de la commercialiser. En 1959, les deux associés veulent franchiser cette chaussure orthopédique à succès. C’est l’aubaine pour l’usine de Bill Griggs, située dans le comté de Northamptonshire, au centre de l’Angleterre, et spécialisée dans la fabrication de chaussures de travail et de bottes militaires. Huit œillets, cuir de couleur sang de bœuf, fil de couture jaune, Bill Griggs peaufine le design et lance les Dr. Martens sous le nom « Air Wair ». Comme elles sont résistantes à l’eau, à l’huile, au pétrole et à l’acide, les premiers acquéreurs sont des poissonniers d’East London, des facteurs, des ouvriers, des constructeurs, des médecins et des policiers.

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L’originale qui inspire: les Doc Martens du fabriquant anglais Griggs, photo zvg

À l’époque, 5 000 paires sont produites par semaine ; aujourd’hui, 200 000 chaque semaine sortent des usines en Asie, où le groupe a délocalisé la production en 2003. Mais des Docs sans le tampon « Made in England » ne font pas culte. La marque a donc repris la petite partie de production, notamment les vintages et les éditions limitées, sur les vieux métiers anglais.

D’abord destinées au monde du travail, les DM’s ont connu une percée fulgurante, politique et rebelle. Très vite, en effet, elles ont été adoptées par une population plus anticonformiste : les trotskistes et les socialistes les mettent en scène tout comme les Teddy Boys et les premiers skinheads londoniens des années 1960. « Mods », glam rock, punks, hardcore, rock ou grunge, les subcultures, l’underground et les musiciens anglais les rendent « fashion ». Noddy Holder, chanteur des Slade, associe les Derby 1461 à son look en tartan. Sur scène, le bassiste des Cure, Simon Gallup, porte les 1460 jusqu’au genou. Mais Air Wair a aussi été distribué à des 10 000 sans personnes sans abris. Printemps arabe, révolution ukrainienne, casseurs de fin de manifestation en France, il n’est donc pas étonnant que cette infatiguable chaussure influence la mode actuelle.